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La
lutte contre le surendettement
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Dans
un contexte de détérioration rapide de leur
environnement (moindre progression des revenus,
montée du chômage...) une part importante des
ménages continue à s'endetter à court terme.
Pour faire face à des difficultés ou satisfaire
leurs besoins (équipements, voyages, etc.) ils
ont recours aux crédits de trésorerie ou au
découvert bancaire dont la diffusion se maintient
à un niveau élevé.
En
décembre 1989; 52,8% des ménages étaient endettés,
en 1995 ils étaient 49,1%. Malgré cet apparent
mouvement de désendettement, la situation ne
s'est pas pour autant améliorée du fait de la
dégradation de l'environnement (montée du chômage,
ralentissement de la progression des revenus...)
et de l'augmentation du coût de la vie (en particulier
coût des loyers ou coût des acquisitions immobilières):
la part des foyers dont le taux d'endettement
dépassent les 60% ne cesse d'augmenter.
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Notons
cependant que sur l'année 2005, le nombre de
dossiers déposés auprès des commissions de surendettement
a baissé, notamment parce que les établissements
de crédit refusent de plus en plus de demandes
de prêt. Le taux de refus de crédit dans les
banques et les établissements de crédit est
conséquent, et en général moins l'établissement
financier connaît le client, plus la sélection
est stricte.
L'idée
d'une ouverture du crédit à une clientèle plus
modeste reste néanmoins ancrée dans tous les
organismes ou les établissements financiers.
Et ce, notamment si l'usure était libéralisée,
ce qui permettrait aux établissements de prêter
à des taux correspondant aux risques pris.
On
assiste à une transformation de la photographie
des ménages endettés : on trouve de plus en
plus de jeunes, de célibataires, de divorcés
et de personnes âgées. Une enquête menée par
la Banque de France en avril 2001 a permis d'établir
le profil sociologique du surendetté. Ainsi
une forte majorité (58%) des débiteurs surendettés
sont célibataires, divorcés, séparés ou veufs
(la proportion de personnes vivant seules augmentant).
57,5% ont au moins un enfant à charge.
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55%
des personnes touchées par le surendettement
sont issus de la catégorie des ouvriers et des
employés, cette catégorie ne représentant que
30% de la population française.
Cependant
la répartition des ménages endettés fait apparaître
un recul de la catégorie "ouvrier" et une nette
progression des catégories "profession libérale"
et "cadre supérieur". 32% des déclarants sont
chômeurs ou inactifs. Les débiteurs ont un faible
revenu, dans la majorité (72%) inférieur à 1500
euros, cette tranche de revenus ne concernant
que 60% de la population.
Dans
42% des dossiers les revenus sont inférieurs
ou égaux au SMIC. Néanmoins on constate que
la part des débiteurs percevant le SMIC est
faible (5%) du fait de leur faible accessibilité
au crédit. 80% des ménages concernés par le
surendettement ne disposent que d'un seul de
ces trois actifs patrimoniaux : résidence, épargne
ou véhicule. Dans le cadre de la prévention
du surendettement, il convient de sensibiliser
les jeunes qui constituent un public "cible"
pour les banques.
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Notons
que la population âgée de moins de trente-quatre
ans représente 31,4% des dossiers en 2001 contre
27,7% en 1990 et les moins de vingt-cinq ans
augmentent également sensiblement, passant de
1,2% à 5% au cours de la même période. Le surendettement
avait été considéré à l'origine comme un phénomène
temporaire, lié à un usage imprudent du crédit,
mais il s'est pérennisé.
Il
faut savoir qu'un dispositif de traitement du
surendettement a été mis en place à la fin de
l'année 1989 par la loi appelée couramment loi
"Neiertz" du nom du secrétaire d'Etat à la Consommation
à l'origine de sa promulgation.
Cette
loi a fait évoluer le droit du surendettement.
Jusqu'à la fin 1989, la seule solution offerte
aux personnes surendettées était de demander
au juge d'instance des délais de paiement limités
à deux ans (article 1244-1 du Code Civil) et
le sursis à exécution des poursuites engagées
à leur encontre.
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La
loi Neiertz a instauré un dispositif de réglement
collectif des dettes des particuliers surendettés.
Ce dispositif a été amélioré en 1995 et en 1998
( cf loi du 08.02.1995 et loi du 29.07.1998).
La création d'un fichier recensant les incidents
de paiement caractérisés des crédits aux particuliers
a été une première mesure de prévention.
L'objectif
principal de cette loi était de privilégier
les solutions négociées afin d'éviter un encombrement
des tribunaux d'instance.
Le
dispositif proposé repose donc sur un système
à deux niveaux:
#
une commission départementale d'examen des situations
de surendettement des particuliers (solutions
négociées)
#
un juge(demande de redressement judiciaire civil)
La commission de surendettement a procédé à
des aménagements pour simplifier le traitement
du surendettement, or pour être efficace, cette
réforme, outre des moyens financiers adéquats
devra être accompagnée d'un renforcement des
mesures de prévention du surendettement.
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